Les auteurs invités
Les auteurs ayant confirmé leur venue le premier week-end d’octobre :
- Olivier Adam, Des Vents contraires, L’Olivier, 2009.
- Darina Al Joundi, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, Actes Sud, 2008.
- Gwenaëlle Aubry, Personne, Mercure de France, 2009.
- Arno Bertina, Ma solitude s’appelle Brando, Verticales, 2008.
- Mercedes Deambrosis, Juste pour le plaisir, Buchet Chastel, 2009.
- Pierre Delye, Moitié de Coq, Didier Jeunesse, 2009.
- Régis Descott, Obscura, J-C. Lattès, 2009.
- Natali Fortier, Zoo , L’art à la page, 2008.
- Jean-Pierre Gattégno, J’ai tué Anémie Lothomb, Calmann Lévy, 2009.
- Brigitte Giraud, Une année étrangère, Stock, 2009.
- Fabrice Humbert, L’Origine de la violence, Le Passage, 2009.
- Pascale Kramer, L’implacable brutalité du réveil, Mercure de France, 2009.
- Rouja Lazarova, Mausolée, Flammarion, 2009.
- Marcus Malte, Toute la nuit devant nous, Zulma, 2009.
- Xavier Mauméjean, Lilliputia, Calmann Lévy, 2009.
- Bernard Mazo, La Cendre des jours, Voix d’Encre, 2009.
- Hamid Tibouchi, La Cendre des jours, Voix d’Encre, 2009.
- Jean-Claude Mourlevat, Le Chagrin du roi mort, Gallimard jeunesse, 2009.
- Marie Nimier, Les Inséparables, Gallimard, 2008.
- Lorette Nobécourt, L’Usure des jours, Grasset, 2009.
- Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Véra Candida, L’Olivier, 2009.
- Caroline Palayer, La petite tresseuse kanak, Vents d’ailleurs, 2009.
- Franck Pavloff, Le grand exil, Albin Michel, 2009.
- Patrick Pécherot, Tranchecaille, Gallimard Série noire, 2008.
- Grégoire Polet, Chucho, Gallimard, 2009.
- Éric Sadin, Surveillance globale, Climats, 2009.
- Joy Sorman, Gros Oeuvre, Gallimard, 2009.
- Lucien Suel, Mort d’un jardinier, La Table ronde, 2008.
- Dany-Robert Dufour, La Cité perverse, Denoël, 2009.
Olivier Adam
Sarah a disparu depuis un an. Pour que ses deux enfants retrouvent le sourire, Paul déménage près de la mer à Saint-Malo, paysage de son enfance. Mais cette bouffée d'oxygène n'efface pas les angoisses, les nuits sans sommeil, l'alcool, la mère disparue. La tristesse ne s'atténue pas... Olivier Adam connaît un grand succès populaire et critique depuis la parution de son premier livre, Je vais bien ne t'en fais pas, adapté au cinéma. Dans ses livres, il explore aussi bien des thèmes sociaux et politiques, comme dans À l'abri de rien, que des sujets psychologiques et sentimentaux, comme dans Falaises ou dans son dernier roman Des vents contraires (L'Olivier). Il est également scénariste.
Livres précédents :
−A l'abri de rien (Olivier), 2007
−Falaises (Olivier), 2005
−Passer l'hiver (Olivier), 2004
Darina Al-Joundi
Née à Beyrouth, Darina Al-Joundi a grandi dans les ruines et sous les bombes. Fille d'un écrivain syrien et d'une Libanaise chiite, elle est l'enfant sans confession ni communauté de la guerre civile. « Ce qui m'a fait le plus peur, ce ne sont pas les morts, mais ce qui se lisait sur le visage des vivants. Je venais d'avoir 14 ans ». Le jour de l'enterrement de son père et selon le souhait du défunt, elle remplace les sourates du Coran par Save me de Nina Simone. Depuis 2007 Darina Al-Joundi joue au théâtre le bouleversant récit de sa vie brisée. Après le succès de la pièce, qui est programmée le 13 novembre à l’auditorium de Montélimar, son témoignage est devenu un roman : Le jour où Nina Simone a cessé de chanter (Actes sud).
Gwenaëlle Aubry
Écrit sous la forme d’un abécédaire, de A comme « Antonin Artaud » à Z comme « Zelig », Personne (Mercure de France) est le portrait du père de la narratrice, aujourd’hui décédé. De son vivant, cet homme malade était déjà absent, au monde et à lui-même: maniaco-dépressif pour la psychiatrie, mélancolique pour la littérature... En rassemblant des souvenirs d’enfance et des fragments du journal de son père, l’auteur tente avec beaucoup de tendresse et de lucidité de cerner une personnalité éclatée et insaisissable, et de donner une identité à un homme qui semblait n'être personne. Philosophe, Gwenaëlle Aubry a publié cinq romans et plusieurs essais dont Notre vie s’use en transfigurations, où elle pose la question du beau et du laid.
Livres précédents :
-Le (dé)goût de la laideur (Mercure de France), 2007
-Notre vie s'use en transfigurations (Actes sud), 2007
-L'isolement (Stock), 2003
Arno Bertina
Avec Ma Solitude s’appelle Brando (Verticales), Arno Bertina (romancier, critique et co-fondateur de la revue Inculte) propose une forme romanesque originale : l’hypothèse biographique. Partant de quelques souvenirs retrouvés dans une malle, l’auteur nous entraîne sur les traces d’un oncle né en 1910, qui traverse le siècle et la Méditerranée pour s’affranchir du poids de sa famille et des idées de son temps. Un destin rendu palpable par ce roman sensible et lucide à la fois, ouvert sur des univers parfois parallèles (la France et l’Afrique, le poids de l’histoire et le besoin de liberté, l’individu et la famille) mais toujours tissés d’invisibles liens. En 2009, il a publié La Borne SOS 77 (Le Bec en l’Air) et Énorme (Thierry Magnier).
Livres précédents :
−La Borne SOS 77 (Le Bec en l'Air), 2009
−Enorme (Thierry Magnier), 2009
−Anima motrix (Verticales), 2006
Mercedes Deambrosis
De 1940 à 1945, un homme parcourt l'Europe sous plusieurs identités, collabore avec l'ennemi et tue en toute impunité. Quarante ans plus tard, un commissaire, hanté par les années noires de l'Occupation, et un officier, condamné à Nuremberg, essaient de retrouver sa trace. Petites gens, salauds, trouillards, naïfs, crapules… tous sont pris dans la tourmente de l'Histoire, se croisent et se perdent dans Juste pour le plaisir (Buchet-Chastel). Écrivain d'origine espagnole, Mercedes Deambrosis révèle dans ce roman d’une construction et d’un rythme parfaitement maîtrisés la violence qui nous habite. Elle dénonce, la lâcheté, l’imposture sans jamais condamner, préférant interroger notre trop humaine dualité.
Livres précédents :
−Candelaria ne viendra plus (Ed. du chemin de fer), 2008
−La Plieuse de parachutes (Buchet-Chastel), 2006
−La Promenade des délices (Buchet-Chastel), 2004
Pierre Delye
Pierre Delye est auteur, conteur mais aussi magicien de l’imaginaire et jongleur de mots… Guidé par l’idée de la parole partagée, il a choisi de « raconter ensemble » avec des illustrateurs et un éditeur (Didier Jeunesse). Et ses albums riment avec succès : Sssij’te mords t’es mort, une fable pleine d’esprit sur le pouvoir et les conflits qu’il provoque – Moitié de coq, un conte rock bien culotté aux illustrations hilarantes, rythmé par une musique déjantée, où l’auteur revisite un style de conte traditionnel – et le tout dernier Rouge Gorge qui raconte la véritable histoire de la naissance du feu et du plus attachant des petits oiseaux, merveilleusement illustré par les collages inventifs de Martine Bourre.
Livres précédents :
−La Petite poule rousse (Didier Jeunesse), 2007
−Tour de France multicolore des contes : sur le dos d'un âne (Rue du Monde),
2006
−La Grosse faim de P'tit Bonhomme (Didier Jeunesse), 2005
Régis Descott
10 avril 1885. Dans une bastide inoccupée d’Aix-en-Provence, la gendarmerie découvre une reconstitution du sulfureux tableau de Manet Le Déjeuner sur l’herbe, réalisée avec des cadavres. Dans le même temps, à Paris, plusieurs jeunes femmes au physique similaire à la muse de Manet, disparaissent ou sont assassinées. Le docteur Corbel, amateur de peinture, traque le tueur fou qui, passionné par l’œuvre du peintre, compose des tableaux macabres. Régis Descott a été journaliste avant de se lancer dans l’écriture de thrillers. Obscura (Lattès), son quatrième roman, restitue avec précision le Paris du XIXe siècle, mêlant avec brio la psychiatrie et la peinture.
Livres précédents :
−Caïn et Adèle (Lattès), 2007
−Pavillon 38 (Lattès), 2005
−L'Empire des illusions (Denoël), 1998
Natali Fortier
Un projet de création artistique commandé par la bibliothèque départementale de la Mayenne a donné naissance au livre Zoo (L'Art à la page), album qui revisite l'imagier pour nous faire rêver. Le texte est poétique, drôle, émouvant. Les illustrations nous promènent dans l'univers de cette artiste, où prédominent la grâce, la finesse des personnages et où même les animaux féroces apparaissent fragiles et attachants. Accompagnant davantage ses personnages, elle signe maintenant ses textes comme dans Lili Plume (Albin Michel), Sur la pointe des pieds (l’atelier du poisson soluble). Originaire du Québec, Natali Fortier est illustratrice et plasticienne.
Livres précédents :
-Graines de petits monstres (Albin Michel jeunesse), 2007
−Entre 2 rives, Noël 43 (Gautier-Languereau), 2006
−Mathurin (Albin Michel jeunesse), 2006
Jean-Pierre Gattégno
Lorsque Antoine Galoubet, un auteur méconnu, découvre par hasard le cadavre de la célèbre écrivaine Anémie Lothomb, il pense avoir trouvé la solution à son manque de visibilité médiatique et décide de faire croire à un enlèvement. Mais, comme dans tout bon polar, les choses ne se déroulent pas comme prévu, la quête de célébrité d’Antoine se transforme bientôt en chronique d’un fiasco annoncé…J’ai tué Anémie Lothomb (Calmann-Lévy) est un roman à l’humour corrosif et au suspens implacable, doublé d’une réflexion sur le talent, la littérature et le monde de l’édition, menée de main de maître par l’auteur de Mortel Transfert et du Grand Faiseur. Une expérience dont le lecteur ne sort pas indemne, lui non plus !
Livres précédents :
−Avec vue sur le royaume (Actes sud), 2007
−Sur le divan (Calmann-Lévy), 2007
−Longtemps, je me suis couché de bonne heure (Actes sud), 2004
Brigitte Giraud
Pour fuir sa famille, Laura, 17 ans, part en Allemagne comme jeune fille au pair. Très vite, elle est troublée par le comportement de ses hôtes. Qu'attendent-ils d'elle exactement ? Son malaise est renforcé par sa maîtrise insuffisante de l'allemand. Avec son nouveau roman, Une année étrangère (Stock), Brigitte Giraud livre une réflexion tout en finesse sur la langue et dresse le portrait émouvant d'une jeune fille en équilibre instable, au seuil de sa vie d’adulte. Auteur de Marée noire, de L'amour est très surestimé, Brigitte Giraud vient également de publier Avec les garçons : où elle évoque avec pudeur, poésie et justesse les émotions d’un premier amour. Le livre est accompagné d'un DVD où elle lit ses textes sur la musique de Fabio Viscogliosi.
Livres précédents :
−Le Désespoir amoureux de la vie : l'anorexie, un mystère galvaudé
(Le Bord de l'eau), 2009
−L'Amour est très surestimé (Stock), 2007
−J'apprends (Stock), 2005
Fabrice Humbert.
Dans son troisième roman, Fabrice Humbert approche la Shoah avec le recul du temps, en héritier de la violence, en petit-fils. Le narrateur de L’Origine de la violence (Le Passage), professeur d’un lycée franco-allemand, voyage à Buchenwald avec ses élèves et reconnaît un visage sur une photo : celui de son père, qui n’a pas connu la guerre ! Hanté par cette vision obsessionnelle, il exhume un lourd secret de famille. Il découvre alors en lui les racines d’une insidieuse violence. Écrit avec une grande limpidité, le roman profond de Fabrice Humbert arrache les voiles de destins convoyeurs de ténèbres, scrute le Mal en face et prouve le pouvoir libérateur de la littérature.
Livres précédents :
−Biographie d'un inconnu (Le Passage), 2008
−Autoportraits en noir et blanc (Plon), 2001
Pascale Kramer
En Californie, un jeune couple s'installe dans un nouvel appartement à la naissance de leur enfant. Alissa qui vient de quitter son travail se retrouve seule avec le bébé dont la totale dépendance l'accable. Elle sombre inexorablement dans le doute, ses derniers repères s'écroulant avec le divorce de ses parents. Dans L'Implacable Brutalité du réveil (Mercure de France), Pascale Kramer aborde avec un art consommé du détail les désarrois intérieurs qui ébranlent et qui transforment. Elle fait un parallèle paradoxal et subtil entre un jeune soldat revenu mutilé de la guerre en Irak et les bouleversements psychologiques d'une femme face à sa première maternité.
Livres précédents :
−Fracas (Mercure de France), 2007
−L'Adieu au Nord (Mercure de France), 2005
−Retour d'Uruguay (Mercure de France), 2003
Rouja Lazarova
Sur trois générations, la vie quotidienne d’une Bulgarie qui, à peine sortie des ravages de la deuxième Guerre mondiale, bascule du mauvais côté du rideau de fer pour une cinquantaine d’années. L’écriture de Rouja Lazarova, subtile, drôle et violente à la fois, dynamite les clichés occidentaux sur « l’Europe de l’Est » et questionne rétrospectivement notre vision de cette période. Centré sur des personnages dépassés par l’Histoire, Mausolée (Flammarion), quatrième ouvrage de Rouja Lazarova est un roman sensible, qui démonte patiemment les mécanismes de la soumission individuelle et collective, exhumant au passage les rouages silencieux d’un système totalitaire et absurde.
Livres précédents :
−Frein (Balland), 2004
−Coeurs croisés (Flammarion), 2000
Marcus Malte
L’art de la nouvelle est considéré par beaucoup comme la forme la plus difficile et la plus aboutie de l’écriture. Les recueils de Marcus Malte Toute la nuit devant nous et Intérieur Nord (Zulma) en font la brillante démonstration. Pleine d'émotion mais sans aucun pathos, chaque histoire prend vie pour retracer le parcours d'hommes et de femmes ordinaires, en proie aux difficultés et drames de l'existence. Des losers, jamais magnifiques, mais dont la finesse des portraits, servis par une écriture ciselée, font éclater le caractère profondément humain. Marcus Malte qui a publié près d’une trentaine d’ouvrage écrit également pour la jeunesse.
Livres précédents :
−Intérieur nord (Zulma), 2008
−Poser ma besace à Besac (Aéropage), 2008
−Garden of love (Zulma), 2007
Xavier Mauméjean
Professeur de philosophie, éditeur, essayiste et romancier, Xavier Mauméjean nous plonge avec Lilliputia (Calmann-Lévy), dans le New York du début du XXe siècle, véritable laboratoire de notre modernité. Les destins de personnages réels s'entrecroisent avec celui du héros, Elcana, un nain contraint de fuir son pays d'origine, quelque part en Europe centrale, et qui échoue dans un gigantesque parc d'attractions : Dreamland. Aux côtés du premier Luna Park, on y retrouve Lilliputia, une ville miniature, peuplée de nains et tout entière dédiée aux plaisirs du public. Basé sur des faits réels, formidablement documenté, ce roman démesuré étonne et brosse un tableau sans concession des natures humaines.
Livres précédents :
−Gotham (Baleine), 2007
−Car je suis légion (Pocket), 2007
−Freakshow ! (Baleine), 2007
Bernard Mazo et Hamid Tibouchi
Poète, essayiste, chroniqueur littéraire de nombreuses revues de poésie, Bernard Mazo vient de publier un très beau recueil La Cendre des jours (Voix d’encre), illustré par les lavis de Hamid Tibouchi. Poèmes limpides qui saisissent lumineusement nos instants de vie, nos vertiges, les invisibles gouttes du temps. Bernard Mazo enveloppe notre fragile condition humaine de mots qui ouvrent le regard et guident l’esprit vers la vie et la résistance.
Hamid Tibouchi, poète et peintre algérien, concilie depuis toujours peinture et écriture « ces deux sœurs immémoriales » en une parfaite osmose. Il coule dans des matières issues de notre environnement familier des signes où notre imaginaire encre nos rêves.
Nourris de calligraphie arabe, ses lavis tracent d’autres chemins de lecture, palimpsestes de messages en attente de notre reconnaissance intime…
Livres précédents de Bernard Mazo :
−Sur les sentiers de la poésie... (Melis), 2008
−Cette absence infinie (L'Idée bleue), 2004
−La Vie foudroyée (Le Dé bleu), 1999
Livres précédents de Hamid Tibouchi (poèmes et illustrations) :
−Nervures : encres de l'auteur (Autres temps), 2004
−Nervures : empreintes et lavis (Rumeur des âges), 2003
Jean-Claude Mourlevat
Avec Le Combat d’hiver (Gallimard, 2006) et, aujourd’hui, Le Chagrin du roi mort (Gallimard, 2009), Jean-Claude Mourlevat nous régale de longues et belles fresques romanesques, reliées entre elles par une saison commune : la froideur des hivers sans fin… Nous sommes sur l’île de Petite Terre, quelque part en contrée nordique, et le roi vient de mourir, laissant un trône sans successeur. Alors que tous les habitants défilent devant sa dépouille pour un dernier hommage, le jeune Aleks va devenir dépositaire d’une prophétie qui concerne son frère jumeau… Conte, saga islandaise ou carnet de campagne napoléonienne, le roman, par ses références multiples et son plaisir d’écriture, se savoure à tout âge…
Livres précédents :
−Les Billes du diable (Bayard jeunesse), 2008
−Le Jeune loup qui n'avait pas de nom (Milan jeunesse), 2007
−La Prodigieuse aventure de Tillmann Ostergrimm (Gallimard jeunesse), 2007
Marie Nimier
Marie Nimier propose avec Claudia Gradinger, danseuse - chorégraphe, une lecture dansée de son dernier roman Les Inséparables (Gallimard).
À mi-chemin entre la lecture et le spectacle, les deux femmes tracent le portrait de deux amies hors du commun. Deux amies de toujours, deux amies qui se comblent, comme deux pièces de puzzle qui s'ajustent parfaitement, mais ne viennent pas de la même boîte. L'une dit avec son corps ce que l'autre cache derrière ses mots. En donnant vie à son texte, l’auteur de La Reine du silence confirme ses multiples talents pour travailler autrement autour des mots et faire des ponts avec d’autres formes artistiques.
Livres précédents :
−La Kangouroute (Gallimard jeunesse), 2006
−Vous dansez ? (Gallimard), 2005
−La Reine du silence (Gallimard), 2004
Lorette Nobecourt
Lorette Nobécourt est douée d’une voix qui sait exprimer les souffrances accumulées depuis l’enfance comme en témoigne La Démangeaison (Grasset). Son cinquième roman, En nous la vie des morts, marquait un tournant dans son écriture. Pour la première fois, elle acceptait une certaine joie de vivre. Avec L'Usure des jours (Grasset), elle nous livre un journal intime empreint de poésie, de réflexions et de reconnaissance pour les êtres ou les choses qui l'aident à regarder du côté de la vie. Ce récit d’un effondrement et d’une renaissance, chargé de visions, de rêves et de pensées magiques est conçu comme un puzzle de 44 chapitres. Ce cœur mis à nu ressuscite par la grâce de l’écriture.
Livres précédents :
−La Démangeaison (Grasset), 2009
−En nous la vie des morts (Grasset), 2006
−Nous (Pauvert), 2002
Véronique Ovaldé.
Dans l’île de Vatapuna, une île imaginaire des Caraïbes, Rosa Bustamente, prostituée devenue pêcheuse de poissons volants, vit face à l’océan et élève sa petite fille Vera Candida, fille de Violette. De mère en arrière-petite-fille, c’est toute une lignée de femmes, guerrières, fières, résistantes, sentimentales et libres qui semblent toutes promises au même destin. Véronique Ovaldé les met en scène avec un imaginaire, une fantaisie, une poésie et un rythme narratif tout à fait merveilleux. Ce que je sais de Vera Candida (l’Olivier), est son sixième roman. Et mon cœur transparent avait reçu le Prix France Culture-Télérama en 2008.
Livres précédents :
−Et mon coeur transparent (Olivier), 2008
−Déloger l'animal (Actes sud), 2005
−Les Hommes en général me plaisent beaucoup (Actes sud), 2003
Caroline Palayer
Auteure et illustratrice d'une quinzaine de livres pour enfant, Caroline Palayer joue avec les couleurs et les matières pour créer ses albums. Elle aime photographier, croquer, noter, coller ses impressions dans des carnets de voyage. Dans La Petite Tresseuse kanak (Vent d'ailleurs), la voyageuse a choisi la peinture sur bois pour illustrer le texte de Yannick Pringent. De magnifiques gros plans expriment les douleurs ou les joies sur les visages et nous parlent des traditions kanak. Elle partage également sa passion de la création avec les enfants de tous les horizons grâce à son atelier itinérant des Zarkyroul (à découvrir au Village des cafés).
Livres précédents illustrés par Caroline Palayer :
−Maïmouna, qui avala ses cris plus vite que sa salive / Yves Pinguilly, N'naplé Coulibaly (Vents d'ailleurs), 2007
−Mabo et la hyène : conte populaire du Mali / Chloé Gabrielli (Nathan jeunesse), 2004
−Quand j'aurai mon chien / Kochka (Castor poche Flammarion), 2004
Franck Pavloff
En Équateur, Lucia tente avec son réseau militant et le soutien de Selmo le pêcheur d’aider les candidats à l’exil. Tchaka l'étranger, jardinier d’un grand propriétaire terrien, semble comprendre les mystères, la beauté et la violence de la nature. Le Grand Exil (Albin Michel) dépeint, avec beaucoup de poésie, trois destinées au pied du volcan Tungurahua dont on pressent la reprise d'activité. Auteur de Matin Brun, Franck Pavloff a hérité de son père bulgare le goût impérieux de bousculer les barbelés et les pensées confisquées. Il a passé une dizaine d'années à tisser des projets de développement communautaire à travers l'Afrique et l'Asie, une vingtaine d'autres à animer des associations de prévention de la délinquance.
Livres précédents :
−La Chapelle des apparences (Albin Michel), 2007
−Escale à Château rouge (Milan jeunesse), 2008
−Le Pont de Ran-Mositar (Albin Michel), 2005
Patrick Pécherot.
En 14-18, les morts se comptent par milliers, alors un mort de plus quelle importance ! Le capitaine Duparc, avocat chargé de la défense du naïf soldat Jonas, accusé du meurtre de son lieutenant, ne l’entend pourtant pas de cette oreille. Le récit de ce procès pugnace, dans l’horreur des tranchées, est l’objet du dernier roman de Patrick Pécherot Tranchecaille (Gallimard, Série noire). Trame policière et historique se superposent en une succession de courts épisodes, interrogations, témoignages, permissions à Paris, saisis dans une langue ciselée, un rythme et un suspens tendus. Patrick Pécherot salué en 2002 par le grand prix de la Littérature policière pour sa trilogie sur le Paris de l’Entre-deux-guerres signe là un brillant sixième roman.
Livres précédents :
−Soleil noir (Gallimard), 2007
−Les Brouillards de la Butte (Gallimard), 2006
−Boulevard des Branques (Gallimard), 2005
Grégoire Polet
Gosse des rues de Barcelone, Chucho, à 11 ans, sait que son destin est scellé : il sera souteneur ou ferrailleur, à moins qu'on ne lui donne une chance de fuir la capitale catalane. Peut-être cet étranger en partance pour New-York, client d'un soir de la Polaca... Vingt-quatre heures dans la vie et dans la tête d'un gamin qui rêve d'un avenir. Chucho (Gallimard), troisième roman de Grégoire Polet, est un livre superbe et poétique dans lequel l’auteur traduit les illusions d'un enfant face au mensonge des adultes. Après quelques années d'enseignement à l'université catholique de Louvain, Grégoire Polet se consacre pleinement à sa carrière d'écrivain depuis Barcelone où il réside.
Livres précédents :
−Leurs vies éclatantes (Gallimard), 2007
−Excusez les fautes du copiste (Gallimard), 2006
−Madrid ne dort pas (Gallimard), 2005
Éric Sadin
Dans son dernier essai, Éric Sadin livre une réflexion salutaire sur les nouvelles technologies qui saturent notre quotidien. Les puces, GPS, satellites, réseaux et bases de données, aujourd’hui interconnectées, sont en passe de devenir un formidable outil de surveillance du consommateur, du citoyen. L’auteur propose de nouveaux moyens pour analyser cette réalité complexe et parvient à conceptualiser un certain nombre d’éléments nécessaires à l’appréhension du phénomène. Éric Sadin est universitaire, conférencier, poète et performer. Surveillance Globale (Climats) trouve ainsi un écho inattendu dans Globale Paranoïa, une suite de textes courts et poétiques formant une vision impressionniste de cet avenir probable de nos sociétés.
Livres précédents :
−Tokyo (POL), 2005
−Poésie atomique : écriture, technologies et urbanités contemporaines (Cellule écarts), 2004
−7² (Les Impressions nouvelles), 2002
Joy Sorman
Incontestablement, et ce depuis ses premiers textes (Boys Boys Boys, Gallimard, 2005), Joy Sorman déboulonne joyeusement nos clichés préférés, les plus tenaces, les plus ancrés. Elle s’attaque aujourd’hui à nos quatre murs fétiches : la maison et sa charge symbolique attenante. En treize nouvelles et autant d’habitats surprenants (cabane, mobile home, capsule, échafaudages…), Joy Sorman pose la question fondamentale du « qu’est-ce qu’habiter ? » À partir de quand, pourquoi et comment, décidons-nous que ce lieu est notre maison ? Au-delà du thème, Gros œuvre (Gallimard) est aussi une leçon ironique de littérature où le traitement du réel bouscule la notion de fiction. Home sweet home…
Livres précédents :
−Du bruit (Gallimard), 2007
−Boys, boys, boys (Gallimard), 2005
Lucien Suel
Alors qu'il travaille à son jardin, un homme est pris d'une violente douleur, un arrêt cardiaque le frappe. Mort d'un jardinier (La Table Ronde) retrace les derniers instants de cet homme qui tombe; le narrateur le tutoie et dévoile les flots de conscience qui le traversent, à toute vitesse. Sa vie défile en 23 phrases folles, la jeunesse, la musique, les lectures, les amours, la famille et l'ordinaire du quotidien. Le récit est fulgurant, la langue de Lucien Suel happe le lecteur et ne le lâche pas. Après plus de 40 ans de pratique d'écriture poétique mêlant collages, art postal… et plus de 70 publications, Mort d'un jardinier est son premier roman auquel succède La Patience de Mauricette publié en septembre 2009.
Livres précédents :
−Patismit (Dernier Télégramme), 2008
−Photoromans (Husson), 2008
−Nous ne sommes pas morts (Dernier télégramme), 2008
Dany-Robert Dufour
Philiosophe et professeur en Sciences de l’Éducation, Dany-Robert Dufour est l’auteur de deux essais chez Denoël Le Divin Marché et La Cité perverse qui paraît en octobre. Il analyse brillamment les principes et conséquences du système libéral. Son idée forte : le marché est le nouveau Dieu. Il tente avec ses livres de rendre explicites les dix commandements de cette nouvelle religion, beaucoup moins « interdictrice » que tentatrice, comme l’atteste le dernier commandement : « Ne pensez pas, dépensez ! ».
L’auteur poursuit dans ces deux ouvrages une réflexion sur les évolutions radicales de notre société et les ébranlements qu’elles provoquent.
Ce Café Littéraires se déroulera en aval de la manifestation, le jeudi 22 octobre 2009
Livres précédents :
−Le Divin marché : la révolution culturelle libérale (Denoël), 2007
−On achève bien les hommes... (Denoël), 2005
−L'Art de réduire les têtes... (Denoël), 2003